TEMPÉRAMENT DE TYPE 8 - LE MENEUR

LE MENEUR - INTRODUCTION

Le tempérament (le meneur) d’une personne correspond à son caractère global, à sa personnalité, à sa manière de percevoir et d’appréhender son environnement et d’y répondre dans la relation. Ce tempérament est complété par deux ascendants, que je serais également en mesure d’identifier. Il est important de comprendre que chaque tempérament présente ses qualités et ses défauts propres. Ma pratique quotidienne m’a aidé à me centrer car je tiens à me sentir libre et c’est pour cela que je préfère l’emploi des mots : « libéré » et « non libéré ». En tant que médium, j’ai observé que les sentiments d’une personne sont les liens entre ces deux états. L’harmonisation du tempérament de la personne va permettre la transition d’un état « non libéré » à un état « libéré ». Elle apprendra ainsi à mieux se connaitre, à communiquer qui elle est, avec elle-même et son environnement.

LE MENEUR

meneur courageux

Un meneur de type « HUIT » fonctionne en mode instinctif. Il veut avoir un impact sur le monde extérieur. Il a une énergie physique considérable. Il évite la faiblesse, c’est un leader. Il est dans l’introspection. Il est très doué pour prendre des décisions. Il ne sait pas mentir. Il considère que la vie est un combat et se bat pour la justice. Il décide vite et agit de même. Les idées ne l’intéressent que si elles sont au service de l’action. Fort et imposant, il peut insuffler aux autres un sentiment de force. Avec son sens aigu de la justice et de la vérité, il détecte par instinct tout ce qui est l’injuste, malhonnête et en parle franchement. Il a besoin de dire les choses, la vérité, souvent de façon directe. Solide comme un roc, c’est quelqu’un sur qui l’on peut compter, qui assume de lourdes responsabilités et qui aide volontiers. Lorsqu’il s’engage pour une cause, il peut déployer une énergie considérable. Son orientation est la puissance et le courage. C’est une personne déterminée qui fait que les choses arrivent quels que soient les obstacles. Enfin, c’est quelqu’un qui tient parole. Alors que, le consciencieux « UN », s’efforce d’être un brave garçon ou une gentille petite fille, le meneur veut être méchant. Par la force des choses, il a eu tôt l’impression que le monde punit les tendres et il a misé sur la dureté.

Beaucoup d’entre eux ont, dans leur enfance, été opprimés ou repoussés. Ils n’avaient personne d’autre qu’eux-mêmes à qui faire confiance. Les enfants des quartiers pauvres, qui ne peuvent pas se permettre de laisser paraître une faiblesse ou de pleurer, deviennent souvent des meneurs. Dans leurs bandes, ils doivent se soumettre à des épreuves de courage pour montrer leur valeur, leur audace et leur intrépidité. Certains parents d’enfants meneur récompensent la force : « Ne te laisse pas faire ! Montre aux autres qui commande ! ». Le meneur a acquis l’impression que les forts dominent le monde et que les faibles sont toujours défavorisés. C’est pourquoi, il a décidé de ne pas être sage, de ne pas s’adapter, mais d’accroître sa force, de résister, de briser les règles et de commander les autres, plutôt que de se laisser commander. Certains enfants meneur, ont aussi développé ce comportement face à des parents qui se montraient trop « libéraux », qui se laissaient attendrir ou qui cédaient trop facilement. Ils les testent pour savoir jusqu’où ils doivent pousser leurs bêtises avant d’obtenir le rapport de force dont ils ont besoin. De l’extérieur, le meneur peut être confondu avec un consciencieux « UN », parce qu’on sent chez l’un et l’autre type qu’il est pris dans un système d’agression.

meneur force

Mais il y a des différences. Par exemple, un meneur ne s’excusera pas et ne retirera pas ce qu’il a dit. Il a du mal à reconnaître ses erreurs parce que cela ressemblerait à une faiblesse. Le meneur ne demande pas facilement pardon. On peut le punir ou lui donner la fessée. Il n’en sera que plus buté. Il ne cède pas : « Vous allez voir ce que vous allez voir ! Vous n’arriverez pas à me faire baisser la tête ! ». D’un autre côté, il peut être très sévère à l’égard de lui-même et se punir durement sans que le monde extérieur ne s’en aperçoive. L’agression du meneur se dirige contre tout ce qu’il perçoit d’hypocrite et d’injuste. Son expérience de base, est que la vie est menaçante ou hostile, et que l’on ne peut pas se fier simplement aux autres, tant que le contraire n’a pas été prouvé.

Lorsqu’un meneur est libéré, il admet sa vulnérabilité et accepte d’avoir des faiblesses, et que les autres soient faillibles. Il est prêt à accueillir une aide extérieure. Il intègre l’amour dans sa vie, ce qui développe en lui la compassion.

meneur enfant

Le meneur cherche le conflit ou le crée au besoin. Il lutte en y mettant les moyens. C’est aussi un avocat du diable notoire. Si vous dites Oui, il dira Non. Il aime être contre. Même s’il ne l’exprime pas toujours immédiatement, le refus et la négation sont souvent sa première réaction face à des situations ou idées nouvelles, et aussi face à de nouvelles personnes. Par bonheur, le meneur prend volontiers parti pour les faibles. Il ne supporte pas de fausse autorité ou de fausse hiérarchie. Sa passion pour la justice et pour la vérité le place souvent du côté des opprimés et des sans défense. En effet, il sait inconsciemment que derrière une façade de dureté, d’invulnérabilité, d’injures et même de brutalité, se cache au plus profond de lui-même un petit garçon ou une petite fille. Cet enfant intérieur est exactement le contraire de la force et de la puissance qu’il affiche. Cependant, les sentiments de tendresse et de vulnérabilité du meneur sont profondément enfouis en lui. La plupart d’entre eux ne laisseront entrevoir cet aspect, qu’à deux ou trois personnes dans leur vie (dont le partenaire de leur couple), si tout se passe bien. Mais même cela n’est pas garanti. Le petit enfant en lui, l’insécurise. Parfois, il découvre cet enfant dans un autre et veut alors le protéger.

L’image qu’il a de lui-même est : « Je suis puissant ! Je suis plus fort que vous ! ». Un homme meneur est souvent un gaillard bien bâti. Il a une prédilection pour les mots qui expriment la force et s’en sert pour afficher la sienne. Dans ce cas, l’expression « mauvais garçon » ou « bad boy » peut prendre le sens de « bon » pour un meneur. Il est prêt à combattre les puissances dominantes par tous les moyens, au nom de la justice. Il prend systématiquement partie pour les faibles et les pauvres. Enfin, les personnes qui ont été malmenées développent souvent cette énergie du meneur. Mais si un meneur arrive au pouvoir, ses subordonnés se sentent souvent opprimés et malmenés à leur tour, sans que le meneur ne s’aperçoive que son comportement inspire de la peur. Dans une réunion, il commence en général par parler sans détours du point qui le gêne et peut ensuite passer tranquillement à l’ordre du jour. Les victimes de sa colère, en revanche, ne s’en remettent pas aussi vite. Il établit le contact à travers la lutte. Souvent, il ne comprend pas pourquoi cette façon d’entrer en contact effraie. Comme il aime le combat, le conflit et la discorde, il croit qu’il en va de même pour les autres. Il ne s’aperçoit pas que ses coups passent en dessous de la ceinture et qu’ils sont parfois difficiles à encaisser.

meneur relation
meneur therapeute
Son jeu de l’agressivité, reste pour lui une manière d’entrer en contact. Par exemple, il attaquera quelqu’un pour perturber la façade artificielle qu’il lui oppose. Il veut des messages clairs et veut voir ce à quoi il a à faire. Il veut savoir qui est ami ou ennemi, contre qui il doit se battre et qui lui garde le champ libre. Un ennemi de même niveau que lui, lui inspire du respect. Deux meneurs qui luttent pour deux systèmes de valeurs opposés, avec brutalité, en employant des moyens peu recommandables, éprouvent chacun un grand respect pour leur adversaire ! Il excelle souvent aux jeux de cartes ou dans les sports de compétition parce qu’il perçoit immédiatement les faiblesses des autres et profite sans remords de son avantage. Sa capacité à démasquer tout comportement mensonger et toute fausse faiblesse a fait de plus d’un meneur un thérapeute ou un bon directeur de conscience. Par ce biais, il atteint la fausse image que son interlocuteur se fait de lui-même et aide à mettre en lumière la « vérité ». Pas beaucoup d’autres tempéraments comme le meneur ont la faculté de mettre les individus en contact avec leur véritable potentiel. Parmi eux, on trouve de grands guides et de grands révolutionnaires. Ce sont des personnes charismatique, qui enthousiasment leur entourage et motivent les individus à s’engager.

Les gens reconnaissent dans le meneur un guide qu’ils sont prêts à suivre, parce qu’ils sentent qu’il accomplit ce qu’il dit. Alors que le consciencieux de type « UN » réforme le système de l’intérieur, le meneur de type « HUIT » a tendance à sortir du système et à le lapider de l’extérieur. Cela fait peur. Ceux qui ont du mal à reconnaître leur propre agressivité se laissent facilement intimider par un meneur. Son agressivité mobilise les agressions de l’adversaire. C’est pourquoi, il devient vite un objet de crainte et de haine. Parfois, le meneur semble presque jouir de la haine et du rejet qu’il s’attire. Ça l’échauffe. Il n’a pas honte de ressembler à un éléphant dans un magasin de porcelaine. Quand un meneur dit merde, c’est merde ! Le meneur en jubile. Il adore faire sortir le public de ses gonds. Il n’a rien d’un diplomate ! Le meneur non libéré évite la faiblesse et les situations d’infériorité. C’est pourquoi il a tendance à considérer son opinion personnelle comme absolue et à être totalement fermé à des arguments étrangers. Il veut se sentir supérieur, et croire qu’il a raison pour ne pas se retrouver en situation de faiblesse. Ses collaborateurs sont souvent traités comme des paillassons. Un meneur ira jusqu’à faire croire que son adversaire est pétri de mauvaises intentions ou handicapé mental.

meneur guide

Connaissant ses propres points forts et voyant immédiatement les faiblesses de ses interlocuteurs, un meneur s’élève au-dessus des autres et construit souvent sans raison des hiérarchies qui n’ont pas lieu d’être. Il peut aussi classer les personnes de son entourage dans un schéma d’amis/ennemis qui ne leur correspond absolument pas. Malheur à celui qui affiche trop d’assurance face à un meneur ! Un meneur peut envoyer promener tous ceux qui se montrent sûrs d’eux ou qui expriment un avis différent du sien. Mais si quelqu’un va vraiment mal, ce même meneur réagira d’une manière formidable. Cette attitude est typique du meneur. La vue de quelqu’un sans défense et faible, mobilise son instinct de protection et il fait tout pour lui venir en aide. Mais dès que vous exprimez d’une manière ou d’une autre que vous êtes fort, le meneur vous prouvera qu’il est encore plus fort. Il est impossible de gagner dans une confrontation avec lui. Si vous sortez votre artillerie lourde, il en sortira une encore plus lourde.

Un meneur libéré accepte l’expérience pour aimer d’avantage, ce qui l’entraine à gouter à la joie de la fidélité. Alors, il cesse de vouloir tout contrôler. Il exprime la simplicité dans sa vie et met sa force au service des vraies causes et accepte les autres comme ils sont.

La véritable énergie du meneur n’est pas celle de la colère, sous toutes ses formes, bien que cela puisse parfois y ressembler. Mais c’est plutôt une passion et un engagement total au service de la vérité, de la vie et de la justice. Une passion pour la cause à laquelle il croit ou pour les personnes dont il se sent responsable. La plus grande erreur que l’on puisse commettre face à un meneur, serait de se laisser intimider et de battre en retraite, quand il exerce ses pressions plus ou moins appuyées.

Certains meneurs se mettent même à crier et à taper sur la table. Il faut alors accepter le combat qu’il propose ou bien s’adresser au petit garçon ou à la petite fille en lui. C’est une manière de le désarmer, lui qui a l’habitude que les autres baissent pavillon devant lui. Il protège le faible, mais en face de la lâcheté et de la mollesse qu’il méprise, il n’hésitera pas à frapper dur. C’est son côté sombre. Dès qu’il a l’impression que son vis-à-vis est bête ou incapable, il l’achève, même s’il est déjà à terre. Beaucoup de meneurs pratiquent des sports durs comme le rugby ou le football américain. Ils peuvent aussi avoir un faible pour les voitures rapides. Par exemple, un joueur de rugby qui se blesse, continuera à courir sur le terrain, presque en jubilant. Le meneur peut aller jusqu’à jouir de la douleur et la supporte beaucoup mieux que tout autre. Il manifeste rarement de la peur, est généralement audacieux et a le goût du risque. Il relève volontiers les défis dangereux et frôle fréquemment la catastrophe. Ça le motive. Il se sent dans son élément. Le meneur est fascinant. Il appelle une réaction, qu’on le veuille ou non. Si on a rencontré « une » ou « un » meneur dans sa vie, on ne l’oublie pas de sitôt. Le combat que mène le meneur pour la justice n’est pas seulement sa force mais aussi sa tentation.

Il peut en arriver à se désigner lui-même comme cible d’une vengeance ou d’une revanche, parce que sa conception de la justice est celle de l’équilibre des deux plateaux de la balance. Il part du principe que le méchant doit être puni même si le méchant, c’est lui. Dès qu’un meneur est renvoyé à lui-même, il risque de reporter sur lui les agressions qu’il dirige d’ordinaire vers l’extérieur. De toute façon, il cherchera toujours un coupable à punir. La vengeance et la revanche (piège du meneur) sont pour lui des manières de rétablir l’équilibre de la balance de la justice. Il joue souvent le tout ou rien ; il divise le monde en blanc et noir, amis et ennemis, mais jamais de gris. Aussi, lorsqu’il est confronté à sa propre faute, il peut arriver que le meneur découvre en lui-même son plus grand ennemi, et qu’il ne puisse plus se faire confiance. La pire des tortures que l’on peut infliger à un meneur est de l’isoler et de le priver de toute possibilité d’action vers l’extérieur. Son mécanisme de défense est le déni. Un meneur peut nier tout ce qui ne cadre pas avec sa conception de la vérité et de la justice. Il peut en particulier nier et refouler ses faiblesses et les limites de sa force.
Comme le meneur est un individu « pur-sang » dans tous les sens du terme, son plus grand défaut s’il est non libéré, est sa tyrannie.

C’est l’attaque d’une autre personne, par plaisir ou par passion. L’autre est utilisé, possédé, oppressé sans vergogne. Il exploite l’autre par le non-respect de sa dignité. Ce défaut peut s’exercer chez le meneur dans tous les domaines de la vie. Un meneur non libéré n’a aucun respect pour la vulnérabilité ou la dignité d’un autre être. Il peut formuler des exigences morales très élevées à l’égard d’autrui sans lui-même s’y conformer. Il lui arrive d’osciller entre un moralisme rigide et un laisser faire généreux. Un peu comme le chercheur de type « SEPT », il tend vers une satisfaction excessive de ses pulsions en employant rarement des moyens très civilisés. Un meneur peut se délecter de nourriture, d’alcool et de sexe sans se culpabiliser (la culpabilité naitra plutôt en lui, quand il aura eu l’impression d’avoir été injuste ou mensonger). Dans les fêtes, le meneur fait partie de ceux qui tiennent le coup jusqu’à la fin et se couchent en dernier. Le chercheur de type « SEPT » jouit pour éviter la souffrance. Le meneur fait la fête parce que chez lui, ça fait partie de la belle vie.

Le meneur a le goût du pouvoir. Il jalonne son territoire et au besoin, cherche à l’agrandir. Il veut tout savoir sur tout, être toujours informé et devient fou de rage s’il est trompé ou court-circuité. Si votre supérieur est un meneur, il vaut mieux reconnaître tout de suite une erreur, même si vous vous exposez dans un premier temps à une colère monstre. Car s’il découvre par lui-même que quelque chose lui a été caché, sa réaction peut être des plus blessantes. Il a besoin de tout contrôler. Si un point même mineur est négligé, il sent tout de suite le danger d’une perte de contrôle total. Cela explique pourquoi le meneur peut devenir terriblement maniaque et exiger que tout soit en ordre dans les moindres détails. Le meneur a besoin de contrôler ses biens mais aussi les personnes de son entourage. Il veut décider de quoi il en retourne sans se rendre lui-même dépendant. Cette attitude lui attire des problèmes par exemple s’il tombe amoureux. En effet, une relation de couple suppose de s’adapter un minimum. Il faut trouver des compromis, et savoir parfois se sacrifier. Un partenaire qui se soumet ne résout ces problèmes qu’en apparence et ne rend pas le meneur heureux. Car en fait, le meneur ne respecte et n’estime que ceux qui lui résistent et qui défendent leur propre point de vue.

Une relation amoureuse peut aussi faire vivre au meneur une contradiction profonde entre ses élans de tendresse et sa dureté acquise. Par ailleurs, il a besoin d’un grand espace vital. Il aime la chasse, la pêche ou l’escalade. C’est un héros du far-west qui semble se suffire à lui-même et dont le seul besoin est d’être avec la nature. Dans la relation amoureuse, cela peut se traduire par un : « Je veux coucher avec toi mais je ne veux pas constamment rester avec toi ». Une relation entre un homme meneur avec une femme trop attachée à lui, peut devenir très conflictuelle. Un meneur libéré aime avec passion. Cela caractérise très bien sa nature profonde. En lui vibrent à la fois sa force vitale et sa disposition à souffrir. L’innocence qui sommeille dans le meneur est celle du petit enfant, sans défense et confiant. Le meneur doit apprendre à ne pas seulement voir et protéger ce petit enfant en dehors de lui, mais aussi à se montrer bon envers l’enfant sans défense qui vit à l’intérieur de son âme. Cette tâche du meneur soulève de multiples peurs. Cela l’oblige à considérer sa propre faiblesse, ce qui suppose une grande franchise. Lui qui exige de son entourage un comportement véridique et démasque la moindre malhonnêteté, doit apprendre à se soumettre aux mêmes exigences.

Le meneur n’aime pas regarder à l’intérieur de lui-même pour découvrir ses côtés fragiles et délicats. La délicatesse, il la voit chez l’autre, dans un joli enfant, dans un animal, dans une douce et belle femme. Il symbolise la force, l’énergie phallique et la vitalité. Lorsqu’on connaît son énergie, on le comprend beaucoup mieux. Sous le masque de la force, se cache une incertitude et un sentiment d’infériorité. La partenaire femme d’un meneur sait que tout cela n’est que superficiel et que derrière la dure coque de son homme se tapit un petit garçon. Le meneur veut de la clarté. Il rejette les situations pas claires. Nous sommes « ennemis ou ami », « c’est bien ou mal », « tu es fort ou faible ». Il est une personne aux polarités extrêmes. « Qui n’est pas pour moi est contre moi ! ». Il représente l’unification des contraires. Pour se libérer, un meneur devra tendre vers la compassion. Un meneur non libéré est sans pitié envers lui-même et les autres. Seule la rencontre avec la vérité peut le libérer. La vérité le rend libre de voir sa propre faiblesse et de l’accepter. A partir de cette expérience, il peut apprendre à supporter la faiblesse chez l’autre et à l’accepter à son tour. Il a peur du noyau tendre au fond de lui, et ça le dissuade d’entreprendre une thérapie, de travailler à sa vie intérieure, de méditer, d’entamer son voyage intérieur, en un mot, l’introspection.

Ce qui rend les choses encore plus difficiles, c’est qu’il a peur d’être contrôlé et manipulé par un thérapeute. Mais il existe aussi des expériences dans l’autre sens. Il peut avoir hâte de commencer son travail d’introspection. Ce travail sur soi est sans compromis et porte admirablement ses fruits. Il se posera alors, la question du pouvoir. Le pouvoir n’a rien de mauvais en soi mais peut se transformer en bénédiction comme en malédiction. Il doit veiller à ne pas abaisser, humilier ni intimider les autres dans l’exercice de son pouvoir. Il doit aussi apprendre à respecter d’autres points de vue différents des siens, et à ne pas anesthésier ses sentiments par l’alcool ou d’autres pratiques enivrantes. Il devra rechercher le compromis et observer lui-même les règles qu’il impose aux autres. Un meneur libéré peut protéger les autres à l’aide de sa force, de sa vitalité, au lieu de les dominer. Le statut d’une femme meneur est difficile. Notre société permet aux hommes d’être machos, mais si une femme commence à s’affirmer, elle se fait aussitôt taxer de féministe, etc… Une femme meneur a parfois du mal à accepter son côté féminin ou maternel et à se laisser aller à des images tendres, comme celle d’un enfant tétant au sein. Quant au meneur masculin, il doit réussir à accéder à son côté féminin au lieu de déléguer à la femme la chaleur et l’affection.

Un meneur, met la lumière sur l’hypocrisie de façade des institutions et des sociétés. Nous en avons besoin. Mais il faut les aider à faire confiance en leur noyau tendre enfoui au fond d’eux-mêmes. Même un meneur doit pouvoir reconnaître quand il est en tort et demander pardon. Il s’apercevra alors que ce n’est pas une faiblesse, mais une véritable force que d’agir ainsi.

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