TEMPÉRAMENT DE TYPE 5 - un organisateur
UN ORGANISATEUR - INTRODUCTION
Le tempérament (organisateur) d’une personne correspond à son caractère global, à sa personnalité, à sa manière de percevoir et d’appréhender son environnement et d’y répondre dans la relation. Ce tempérament est complété par deux ascendants, que je serais également en mesure d’identifier. Il est important de comprendre que chaque tempérament présente ses qualités et ses défauts propres. Ma pratique quotidienne m’a aidé à me centrer car je tiens à me sentir libre et c’est pour cela que je préfère l’emploi des mots : « libéré » et « non libéré ». En tant que médium, j’ai observé que les sentiments d’une personne sont les liens entre ces deux états. L’harmonisation du tempérament de la personne va permettre la transition d’un état « non libéré » à un état « libéré ». Elle apprendra ainsi à mieux se connaitre, à communiquer qui elle est, avec elle-même et son environnement.
UN ORGANISATEUR
L’organisateur de type « CINQ » est un type de tête. Il pense avant d’agir et fait preuve, semble-t-il, d’une certaine objectivité. C’est un observateur, et son orientation est la recherche de la connaissance et la précision. Les dons particuliers de l’organisateur, résident dans son ouverture et sa réceptivité à la nouveauté. Il découvre des idées nouvelles, devient chercheur ou inventeur, reste objectif, questionne la réalité, explore tout dans le détail. Il peut être original, provocateur, surprenant, non-conformiste et profond. Il sait écouter les autres parce qu’il leur prête une oreille attentive. Il les aide ainsi à percevoir la réalité d’une manière plus saine et plus objective. Il existe des organisateurs qui ont un don très développé pour la contemplation. Un organisateur libéré complétera son savoir par une quête de la sagesse et s’efforcera d’élargir ses facultés de compréhension, son intelligence de cœur et sa compassion. Il possède une force intérieure calme et se montre aimable, délicat, courtois et doux. Il a expérimenté à l’origine, une sorte de vide. C’est pourquoi, il aspire tant à un accomplissement qui le comble. Parfois il a déjà fait, dans le sein maternel, l’expérience de ne pas être désiré. Il a pu avoir des parents psychiquement ou physiquement envahissants, ou a été élevé dans un espace trop exigu.
Son seul espace de liberté dans lequel il pouvait se mouvoir sans contrainte, était son monde intérieur. D’autres fois encore, il semble avoir vécu le contraire. Il n’a pas reçu beaucoup de tendresse ni connu de relation assez proche dans son enfance. Aussi, sa capacité à extérioriser ses sentiments ou à s’exprimer physiquement est-elle restée limitée. Il se sent plongé dans un vide sans fond. Son manque de sécurité, un sentiment de solitude et l’impression de ne pas avoir de patrie peut le conduire à ce qu’il se rétracte en lui-même comme un animal, faisant le mort en cas de danger. Un organisateur peut être un collectionneur. Il collectionne tout ce qu’il peut glaner, dans l’espoir de remplir son vide intérieur. Cela le rend réceptif. Alors que le serviteur « DEUX » est pour ainsi dire contraint de donner, un organisateur « CINQ » non libéré est obsédé par le besoin de prendre. Ce que l’organisateur acquiert généralement avec passion sont les pensées, les idées, le savoir, le silence et l’espace. Toutefois, certains reportent leur frénésie de possession sur des objets matériels dont ils peuvent stocker les spécimens les plus curieux, tels que des livres, des timbres, des capsules de bouteilles, des vieux journaux, des chutes de tissu, des capuchons de tubes de dentifrice, des packs de lait vides.
L’organisateur a besoin d’une sphère privée bien délimitée et protégée. Il aspire à vivre dans une forteresse où il est à l’abri des regards et où il peut penser à loisir. My home is my castle !
La plupart des organisateurs sont introvertis. Les exceptions confirment la règle. Par nature, ils sont moines, ermites, érudits, bibliothécaires et techniciens bricoleurs. L’organisateur porte souvent des lunettes. Sa vue a déjà faibli avant l’âge de vingt ans, tant il s’efforce toujours de tout voir, d’être au courant de tout. Ses yeux sont comme des aspirateurs. L’organisateur voit tout, entend tout et retient tout. Toutes les activités où il faut observer à travers un microscope ou un télescope lui plaisent. Beaucoup aiment la photographie et tout ce qui leur permet de jouer un rôle d’observateur. Beaucoup d’inventeurs, auteurs d’une découverte et savants sont du type organisateur. Nous pouvons être reconnaissants à Dieu de les avoir créés.
L’organisateur essaiera de ne pas se laisser emporter dans le tourbillon des sentiments et des événements, mais de développer une sorte d’objectivité. Il trouve très important de conserver son calme, au moins extérieurement, et de garder le contrôle de ses émotions. Personne ne doit remarquer qu’il est en colère, amoureux ou en compétition avec quelqu’un. Il déteste tout affairement inutile. Au point qu’il éprouve souvent des difficultés à manifester ses sentiments, même lorsqu’il le souhaiterait.
Extérieurement, il parait hautain ou froid, comme s’il n’avait besoin de personne et se sentait supérieur aux autres. En réalité, l’organisateur est habité par une intense vie de sentiments. Mais tout se passe comme si, face à l’événement, ses sentiments restaient bloqués, toujours en retard d’une mesure par rapport à la situation. Il commence par enregistrer l’événement avec les yeux, les oreilles et le cerveau et peut faire face à la situation pour ainsi dire avec objectivité. Dès qu’il se retrouve seul, il l’évalue une fois de plus avec sa tête, avant de mettre de l’ordre dans ses sentiments. Telle est la méthode qu’emploie l’organisateur pour accéder petit à petit à ses émotions. Quelqu’un a dit très joliment que la plante symbole de l’organisateur était la salade, qui a le cœur dans la tête. A l’image du pionnier « QUATRE », l’organisateur « CINQ » se sent plus proche des absents que des présents. Il peut nourrir des sentiments très chaleureux pour des personnes distantes. Mais comme il ne manifeste que rarement ses émotions en présence d’un ami ou de la personne aimée et lui prodigue plutôt de petites attentions, il donne facilement l’impression qu’il ne s’intéresse guère à elle. Un organisateur qui croit s’extérioriser énormément, reste pour son entourage relativement réservé.
Pour se libérer, l’organisateur doit développer son entendement afin d’utiliser ses facultés psychiques et intellectuelles en s’ouvrant au monde. Alors il exprimera son désir de communication vis-à-vis de tous ceux qu’il rencontre. Ainsi, il se dévoilera à l’autre tel qu’il est, sans avoir peur de perdre quelque chose. Il élargira ses facultés de compréhension, son intelligence de cœur et sa compassion.
L’amitié avec un organisateur peut être enrichissante si l’on n’en attend pas trois choses : l’initiative, la proximité physique permanente et une implication totale. Il a peur de tendre le petit doigt, parce qu’il craint qu’on lui prenne la main ou davantage encore. Mais celui qui se contente du petit doigt ou même de moins, trouvera en sa personne un fidèle compagnon, une oreille patiente et discrète et un conseiller loyal. Outre la philosophie, c’est surtout la mystique religieuse vers laquelle l’organisateur se sent tout naturellement attiré. Beaucoup de religieux sont du type organisateur « CINQ ». On se demande quand est-ce qu’ils vont enfin commencer à se rendre utiles et à mettre leur savoir en pratique. Non, ils doivent d’abord partir à Chicago terminer leurs études de philosophie, puis se rendre à Rome dans le but de rédiger un mémoire sur la liturgie.
Ensuite, il leur faut une année d’études bibliques et archéologiques à Jérusalem. Ils ont besoin d’avoir fait le tour de la question avant de se sentir prêt pour une tache donnée. Mais cela n’arrive jamais, de sorte que leur chair n’entre jamais en contact avec celle du monde. Autant le pionnier « QUATRE » essaie de tout faire pour attirer l’attention, autant l’organisateur « CINQ » évitera au maximum tout ce qui pourrait le mettre en avant. Il peut lui aussi adopter un comportement « étudié » mais dans ce cas, son but sera de se faire remarquer le moins possible et de s’assurer qu’on ne vienne rien lui demander. Si la conversation devient trop personnelle, l’organisateur peut très habilement l’orienter sur un autre sujet. Dès qu’il a l’impression que quelqu’un veut le sonder, il ne laisse plus rien transparaître. Un organisateur non libéré n’aime pas les mots « partager » ou « informer », quand il doit parler de lui. Dès que dans un groupe il est question d’échanger sur ce que chacun ressent, il se rétracte et se demande comment se tirer d’affaire avec élégance et discrétion. Décidément, il n’aime pas se livrer ou afficher ce qu’il y a de plus intime en lui. S’il ne peut pas l’éviter, il attendra de passer le dernier et parlera le moins possible.
Cependant, il écoute ce que disent les autres. Rien n’échappe à son attention. Un organisateur peut avoir des difficultés à jouer son rôle de parent. Il a besoin de son territoire privé. C’est l’une des raisons pour lesquelles un nombre étonnamment important d’organisateur reculent devant la proposition de se marier et de mettre au monde des enfants. Il a peur que ces petites canailles envahissent son appartement et viennent le déranger à tout bout de champ. Dans une communauté monacale, il se choisira de préférence une cellule sous les toits, autant que possible à l’extrémité d’un couloir, là où il risquera le moins possible de voir quelqu’un s’introduire dans sa sphère. Il a horreur des importuns et des intrus. Si l’on veut provoquer la colère d’un organisateur, d’ordinaire si réservé, il suffit d’aller et sortir de sa chambre sans frapper. Il pourra réellement en être blessé. Il protège sa sphère privée comme la pupille de ses yeux. Un organisateur qui vit en collectivité doit régulièrement prendre ses distances pour se retrouver seul et se ressourcer. Trop de monde et de proximité lui demande généralement un effort qui l’épuise. Il a besoin de passer du temps avec lui-même pour mettre de l’ordre dans ses sentiments et ses pensées et se préparer intérieurement à de nouvelles rencontres.
En effet, il ne connaît rien de plus beau au monde que de rester assis pendant trois heures à regarder ou même à ne pas regarder quelque chose. Dans cet état, il a la paix, personne ne lui demande rien, il n’est pas obligé de donner.
Ce qui vient d’être dit peut laisser croire que tous les organisateurs sont des religieux intellectuels, profonds d’esprit ou du moins, des individus d’une grande intelligence. Malheureusement, il faut reconnaître qu’il existe aussi des organisateurs stupides. Néanmoins, leur tour de contrôle reste logée dans la tête, malgré le peu de raison ou de « logique » qui s’y trouve encore. S’ils ne comprennent pas quelque chose, ils ne s’en occupent pas. Un organisateur non libéré peut prendre des traits schizoïdes, développer des formes d’autisme ou sombrer dans le nihilisme, conséquences ultimes d’un « penser pur », détaché du physique, sans émotions, sans action et sans choix de valeurs.
La tentation de l’organisateur est le savoir. Pour lui, savoir équivaut à pouvoir. L’organisateur non libéré croit qu’il est prémuni dans la vie, s’il connaît toujours tout en détail. Or, les informations qu’il puise dans le monde extérieur et stocke en lui ne lui suffisent en fait jamais. Il a toujours besoin d’encore un cours, un séminaire, un livre ou une retraite silencieuse. Les systèmes spirituels qui expliquent les mystères de l’univers et de l’âme humaine le fascine, qu’il s’agisse de modèles psychanalytiques, de la théorie de la relativité d’Einstein, des sauts quantiques, de celle de l’évolution ou des lois de la génétique. Toute sa vie durant, il a pu se valoir de sa supériorité intellectuelle : « Je sais plus que les autres ! Je comprends le monde mieux que les autres ! Je suis au-dessus du sentimentalisme et de l’émotivité du commun des mortels ! » Brusquement, il s’avère qu’il est tout simplement un organisateur et que sa force est en même temps son péché ! Accumuler les impressions et les savoirs conduits aussi à la passion du voyage, car voyager est instructif. Il aime étudier les cultures, les us et coutumes étrangères, sans être vu ni connu. De tels voyages sont l’occasion pour lui de se jeter dans des « aventures mesurées » parce qu’il sait qu’il ne s’engage pas et peut à tout moment y mettre fin en repartant.
En effet, beaucoup de scientifiques ont refusé de prendre en compte les implications éthiques de leurs découvertes. Dans les séminaires et les conférences, un organisateur s’assoit généralement dans les derniers rangs pour ne pas se faire remarquer. S’il était devant, il se pourrait qu’on lui pose soudain une question ou qu’on le prie de se lever. Or, il ne veut pas risquer d’être mis dans une situation émotionnellement embarrassante. Sa vie ressemble à une guerre de tranchées. Il veut voir sans être vu. Il est comme un détective de grand magasin qui se cache derrière un miroir unidirectionnel. Il a la vue d’ensemble sans que personne ne se puisse l’observer.
L’organisateur libéré est capable de prendre la mesure exacte de son savoir, ce qui va lui permettre alors d’utiliser et de diffuser ses connaissances dans le plus total désintéressement.
On pourrait qualifier un organisateur non libéré de « Bouddha non illuminé ». Le « Bouddha illuminé » est capable de se détacher du monde et de ses passions, après en avoir fait l’expérience douloureuse. Le Bouddha « non illuminé », en revanche, renonce à ses émotions parce qu’il ne peut et ne veut pas s’ouvrir à elles. Il a recours à des solutions spirituelles hâtives et dédaigne les « raisins verts du monde » pour de mauvaises raisons. Chez de telles personnes, la pratique de la méditation zen, par exemple, peut être dangereuse car elle ne servirait qu’à les immuniser contre le « monde » et contre la « chair ». Le second mécanisme de défense d’un organisateur est la segmentation. Beaucoup d’entre eux, compartimentent leur vie en un nombre donné de segments ou de domaines qui existent quasi indépendamment les uns des autres.
Il se peut qu’ils aient dans chacun de ces domaines des amis ou des connaissances qui n’entendront jamais parler les uns des autres. Tant que ces « relations partielles » se contentent du domaine qui leur est assigné par l’organisateur et ne cherchent pas à s’immiscer dans les autres aspects de sa vie, elles peuvent être assurées de sa sollicitude et recevoir des marques d’attention de sa part. La limitation est un autre mot clé qui aide à comprendre la psychologie de l’organisateur. Parce qu’il a peur d’être trop sollicité, sur le plan émotionnel, il ne se sent en sécurité que si le cadre temporel et spatial d’une relation a été très clairement défini. Il veut savoir combien de temps doit durer une manifestation ou un rendez-vous pour pouvoir se régler intérieurement sur la situation. Il a besoin de temps pour préparer et digérer une rencontre éprouvante. Les visites surprise, non programmées, ou des agressions inattendues qui le mettent personnellement au défi, revêt pour lui un caractère menaçant. Une atteinte chargée d’émotion à son égard l’affecte négativement. En règle générale, si l’on veut obtenir quelque chose de lui, il ne faut ni l’attendre ni l’exiger. Dans un conflit ouvert, il n’a, à part la retraite et l’argumentation intellectuelle, guère d’autre moyen de défense.
L’erreur radicale d’un organisateur non libéré est son avidité. Il ne sait pas donner. Il a tendance à accumuler les possessions tant spirituelles que matérielles. C’est le point où parfois un bon coup de pied au derrière peut lui faire du bien : « Il serait temps enfin de lâcher un peu de ton trésor ! ». Le piège d’un organisateur est l’avarice. Mais il est surtout avare avec lui-même. Il craint souvent de se perdre, s’il se donne un peu. Ce qu’il garde lui procure un sentiment de sécurité. Il peut être effroyablement grippe-sou. Un organisateur avare ne jouit pas de la vie, car il lésine sur tout, pour s’assurer un avenir tranquille et paisible. Chez certains, cette tendance peut prendre des accents pathologiques. Il est vrai que la plupart des organisateurs ont des besoins très modestes et une tendance naturelle à l’ascèse. Ils n’ont toujours besoin qu’un peu de tout. Certains économisent même sur le papier toilette pour ne rien gaspiller. Ils sont fiers d’avoir si peu d’exigences. Leur première expérience dans la vie était en effet de ne pas recevoir ce dont ils avaient besoin. Ils ont du s’habituer tôt à se contenter de peu. Vu sous cet angle, l’avarice et la modération ne sont pas vraiment antithétiques.
Les plus grands dons de l’organisateur sont comme d’habitude l’envers de leurs obsessions. Il est doué pour la contemplation, il comprend les liens structurels entre les choses et invente par la pensée des systèmes fantastiques. Un organisateur évite le vide. Autant une personne extérieure peut le juger mystérieux et « profond », autant un organisateur estimera qu’il ne vaut pas grand-chose et qu’il ne compte guère de grandes richesses en lui.
L’horreur du vide est en réalité le moteur d’un grand nombre de ses actes.
Le don ou fruit de l’esprit d’un organisateur est son objectivité. Une fois de plus, nous voyons comment un même trait de caractère peut être à la fois un mal et une bénédiction. Un organisateur non libéré doit prendre ses distances. En revanche, quand il est libéré il peut prendre du recul. Ce don de l’organisateur est précieux pour une collectivité. Un organisateur fera un très bon directeur de conscience. Il est capable d’écouter pendant des heures les monologues d’autrui. Son interlocuteur peut parler et parler, l’organisateur semble avoir une capacité illimitée à l’écouter et à accueillir en lui ce qu’il dit. Le fait qu’il soit capable de contenir ses émotions peut aider la personne qui le consulte à évaluer sa propre situation avec plus de précision, d’objectivité et de réalisme. En raison de ce don particulier, il peut même considérer avec objectivité une situation émotionnellement chargée et dire : « Je pense que l’on peut considérer la chose sous cet angle et sous cet autre ! ». La distance est à la fois le don et le péché d’un organisateur. C’est le seul type par rapport auquel nous pouvons utiliser le même mot pour désigner à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse.
L’organisateur est invité à devenir sage. La sagesse est une connaissance profonde des lois du monde et de la vie, qui ne s’obtient pas seulement par l’activité du penser, mais aussi par une vraie expérience de la vie.
La sagesse est expérience repensée. Un organisateur a tendance à anticiper l’action par le penser. Il pense avant d’agir, ou au lieu d’agir. « Repensée » signifie que le vécu est retravaillé après coup par la pensée. La sagesse à laquelle l’organisateur est appelé, inclut aussi la confiance en la Providence. Cela veut dire de laisser les mystères pour ce qu’ils sont, au lieu de tout vouloir disséquer au scalpel de la raison. Parmi les tâches existentielles d’un organisateur, il y a celle d’apprendre à s’engager et à agir. Un organisateur doit tomber amoureux, passionnément. L’amour est dramatique pour plus d’un organisateur parce que dans la relation érotique, le désir de proximité se heurte à un désir aussi intense de distance. Il peut arriver qu’il soit passionnément amoureux, mais qu’il se paralyse en présence de la personne aimée et ne sache pas comment se comporter. Le sentiment « affectif » ne lui vient qu’après. « Apprendre à aimer » est donc l’un de ses plus grands défis. Un organisateur qui ne s’autorise aucune passion et qui ne se permet pas, au moins en cette occasion, de « perdre la tête », est un être incomplet.
La méditation et la prière sont pour un organisateur des occasions extrêmement importantes de se ressourcer. Il doit cultiver sa vie intérieure pour trouver le courage de se tourner vers le monde extérieur.
Cela ne lui sera généralement possible qu’à partir du moment où son monde intérieur lui paraîtra moins menaçant, c’est-à-dire quand il aura trouvé la paix et la sécurité en lui-même. Il doit de temps en temps, oser se lancer, suivre une impulsion, quitte à commettre des erreurs. Ce n’est pas une erreur que de commettre une erreur ! Mais l’organisateur, comme d’autres types aussi, en a peur. Il a peur de faire quelque chose de déraisonnable. C’est pourquoi, il doit oser sortir de lui-même. Le travail corporel peut être une aide efficace.
Mais il est aussi recommandé de trouver d’autres moyens d’extérioriser son monde intérieur, par un travail artistique créatif (modelage, peinture), même s’il permet à d’autres un regard sur sa propre vie psychique, ou un engagement concret, politique ou social. Bien qu’il semble se suffire à lui-même, il a besoin de faire l’expérience d’un amour sûr dans son monde intérieur (expérience Divine) comme dans le monde extérieur (amour des autres). Chaque marque d’encouragement qui éveille en lui des messages intérieurs tels que « Tu peux te sentir en sécurité ici. Nous nous réjouissons de ta présence. Tu as le droit d’être là. Tu es la bienvenue. » le nourrit psychiquement. Un organisateur libéré accède à son don le plus profond de véritable sagesse, lorsqu’il renonce à ses petits secrets mesquins et à ses mystifications artificielles et s’ouvre aux mystères d’autrui. Il dévoile en même temps un peu de son propre mystère et de ses propres trésors. Il doit s’entraîner à exprimer ses émotions au lieu de les confiner dans son « jardin secret ». Par nature, un organisateur serait plutôt bouddhiste que chrétien. Mais la voie orientale du renoncement au monde et de l’intériorisation risque de constituer pour lui un véritable piège, l’empêchant de découvrir les mystères de l’incarnation et de la croix et de les revivre dans sa propre existence.